Le Pin-la-Garenne, village du Perche

Histoire
History in english

Le Pin-la-Garenne : l'hôtel de la Croix d'Or vers 1910

Origine du nom de la commune
Le bourg
Le Château de la Pellonnière
L'église Saint-Barthélémy
Robert Drouin
1900-2000 par l'image
50e anniversaire du groupe scolaire

 Origine du nom de la commune

 

 

La première mention du nom complet "Le Pin-la-Garenne" apparaît en 1811 dans l'Annuaire de l'Orne. Antérieurement, on disait " Le Pin " ce qui entretenait une confusion permanente dans le département, avec l'autre commune du Pin, là où se trouve le célèbre haras. La mise en place progressive de la poste aux lettres imposait donc un " complément ". Ainsi fut-il décidé que Le Pin, arrondissement d'Argentan, s'appellerait officiellement Le Pin-au-Haras et que Le Pin, arrondissement de Mortagne, deviendrait Le Pin-la-Garenne.

 

Pourquoi le Pin ?

Deux origines peuvent être retenues, l'une et l'autre remontant " à la nuit des temps ", à l'époque antérieure sans doute à l'implantation du christianisme.

Selon l'abbé Villette, spécialiste de l'origine des noms de lieux, Le Pin serait la réduction progressive du latin espinatus, ce qui signifie " le lieu couvert d'épine, de broussailles ". A ce titre il s'agirait du regard posé par les premiers habitants de notre village sur le vallon où ils choisirent de s'installer.

Selon d'autres sources, le Pin renverrait aux cultes celtiques où la nature est peuplée de dieux, de déesses incarnés dans la lune, les sources ainsi que dans des arbres remarquables. Le chêne est l'arbre des druides ; moins connu, le pin est aussi un arbre sacré. De nombreuses communes et lieudits, en France, portent d'ailleurs ce nom, ce qui démontre l'intérêt que, de tous temps, les hommes lui ont réservé. Comme tout être végétal, le pin en tant qu'arbre, a fini par mourir mais il a souvent laissé son nom tel un vestige solidement "enraciné" dans la mémoire des générations.

De la même époque celtique date probablement le culte des sources qui, elles, continuent à couler. Nous sommes, là encore, concernés:

Lors de l'avènement du christianisme, vers le 5e ou le 6e siècle, les ermites et prédicateurs dénoncèrent ces traditions mais, à défaut de pouvoir les supprimer, transformèrent ces sources en lieux de prière voués à des saints. Ainsi s'explique notre " Fontaine Saint-Ouen " qui alimente aujourd'hui le réseau d'eau potable. Vers la fin du 9e siècle, la même dédicace est réservée à la chapelle du château qui devient église paroissiale sous l'appellation de "Saint-Ouen-du-Pin". Par la suite, pour une raison que l'on ignore, le culte à saint Ouen fut abandonné en faveur de saint Barthélémy (l'un et l'autre se fêtent le même jour, à savoir le 24 août). La paroisse porta dès lors le nom de " Saint-Barthélémy-du-Pin ".

Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, les lettres étaient, quant à elles, généralement libellées : " paroisse du Pin, au Perche ".

Pourquoi " La Garenne " ?

Quoique beaucoup plus récent, ce complément de nom, institué comme nous l'avons vu au début du 19e siècle, est aussi source d'interrogation. Aucun document, aucune délibération du conseil municipal n'apporte de réponse. Ce dernier ne paraît pas avoir été interrogé sur le choix d'une nouvelle appellation. Dès 1812, les registres de la mairie utilisent pourtant et de plus en plus fréquemment, le nom complet.

Pour " La Garenne " deux explications peuvent être retenues :

&emdash; le choix du lieudit " La Garenne " situé route de Mauves, pris au hasard par l'administration postale, ce qui paraît peu vraisemblable.

&emdash; l'autre explication pourrait être d'ordre " paysager ". Au début du 19e siècle existait encore, dans le haut du bourg, à l'emplacement du terrain de sport et aux abords du lieudit " Le Champ de la Ville " un bois très épais appelé " La Garenne ", lieu de chasse autrefois réservé aux seigneurs et châtelains du Pin et de la Pellonnière. Ses hautes futaies accueillaient le voyageur venant de Mortagne. Elles constituaient une sorte de repère remarquable qui pourrait ainsi expliquer ce choix.

On le voit, avec " Le Pin " et " La Garenne ", c'est donc à la nature que l'on doit l'origine du nom de notre village.

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Le bourg

Aujourd'hui traversé par la route départementale 938, le bourg du Pin est organisé de part et d'autre de cet axe de communication construit à la fin du 18e siècle. A ce titre, la réalisation du grand chemin de Mortagne à Bellême (entre 1768 et 1785) représenta pour le village une "révolution" avant l'heure. Elle le plaçait en effet sur une route appelée à un trafic important, y compris au temps des diligences. La disposition générale du bourg s'en trouva profondément bouleversée et estompa l'organisation ancestrale de l'habitat, regroupé depuis le premier millénaire, autour de trois points forts : le haut du bourg appelé "le Champ de la ville", la motte du Pin avec ses installations défensives, et la "Cour au Bourg".

Situé dans la partie la plus élevée du bourg, le lieudit "Le Champ de la Ville" perpétue sans doute le souvenir d'une "villa" de l'époque mérovingienne, c'est à dire d'un domaine agricole autour duquel le village naissant pourrait s'être organisé (le mot "village" tire d'ailleurs son origine de "villa"). Au cours du 9e siècle, en pleine invasion normande, une motte féodale, dressée à mi-pente, se substitua, avec ses installations classiques (donjon, fossés, basse-cour ou bayle, chapelle, etc), à ce noyau primaire. Par la suite, le seigneur du Pin, afin d'attirer des habitants et surtout les artisans, créa sans doute l'équivalent contemporain de nos zones franches, aux portes de son château. Il s'agit de la "Cour au Bourg" qui paraît avoir formé la première place. Vers elle convergeaient les chemins d'antan contournant la motte et ses fortifications.

Malgré l'abandon de cette dernière au profit du château de la Pellonnière (au cours du 12 ou 13e siècle), l'organisation générale du bourg demeura ainsi inchangée. Reconstruite au 16e siècle, l'église, autour de la quelle s'étandait le cimetière, reçut un clocher effilé témoin de la vie quotidienne. Le presbytère, tout proche, fut complété à partir de 1685, par un "collège" aux proportions bien modestes. Un tripot et une auberge dite de "La Pomme d'Or" contribuaient à la convivialité du village alors que le notariat, attesté dès la fin du 16e siècle permettait de sceller les affaires dûment confirmées par le partage du "vin du marché".

Plusieurs rendez-vous animaient le bourg au cour de l'année, notamment la foire de la Saint-Barthélémy dont les droits étaient perçus par le seigneur du Pin et de la Pellonnière. Un marché était en outre organisé le dimanche matin.

 

Le Château de la Pellonnière

 

 

 

Le château de la Pellonnière au Pin-la-Garenne : fossés hérités du Moyen Age, logis du 15e siècle, aile du 18e et du 19e siècle, chaque époque a apporté sa contribution à cet ensemble architectural (propriété privée, visite sur demande).

Construit après la destruction supposée de la motte castrale du Pin au cours du 12e ou 13e siècle (elle était située à l'emplacement du bourg), La Pellonnière fut d'abord un château-fort édifié sur une plate-forme carrée et entouré de fossés. La disposition initiale des bâtiments n'est pas connue. La tradition veut qu'ait subsisté, du Moyen Age, une tour à usage de donjon située à l'angle nord-est. Celle-ci fut transformée à l'époque moderne et fut alors nommée "Pavillon".

Au 15e siècle, après la guerre de Cent Ans, fut élevé le logis central avec tour d'escalier, le tout dans un style inspiré du Val-de-Loir. Déjà, le château et le domaine alentour, étaient entrés en possession de la famille du Grenier. En 1612, Loup du Grenier épousa notamment Anne Martel, dame d'Oléron. En raison des terres et seigneurie héritées en cette île, il ajouta au titre de seigneur du Pin et de La Pellonnière, celui de «baron d'Oléron», lequel se transmit à son fils René, son petit-fils, également prénommé René (décédé en 1699) prenant enfin le titre de «marquis d'Oléron».

C'est à la famille du Grenier que l'on doit l'embellissement progressif du château, notamment la construction de l'aile, initialement surmontée d'une galerie, reliant le logis au "Pavillon" ci-dessus mentionné et attesté dans plusieurs actes du 18e siècle.

En 1630, fut édifié par René du Grenier, le colombier dont on possède l'acte de commande daté de 1629.

 

 

 

 

 

 

 

 

Château de la Pellonnière : le colombier au début du siècle. Il fut construit en 1629-1630.

En 1699, Anne de Maillé, marquise d'Oléron, veuve de René du Grenier, dernier du nom, fit ériger, sur l'arrière du château et à peu de distance de celui-ci, une chapelle, aujourd'hui disparue. Dédiée à sainte Anne, elle était de forme circulaire.

En 1704, par suite du décès de la marquise d'Oléron, la seigneurie du Pin et de la Pellonnière devint propriété de son neveu, le marquis de Bennehart qui revendit le tout en 1713 à la famille de Gersant, puis à la famille Patu de Saint-Vincent qui procéda, à la fin du 18e et au 19e siècles, à de nouveaux embellissements transformant notamment la galerie, au-dessus des cuisines, en une série de chambres desservies par un long couloir.

Le 23 août 1798 (6 Fructidor An 6), Nicole de Gersant épousa Jean-Baptiste Patu de Saint-Vincent, conseiller correcteur à la chambre des Comptes qui s'illustra par l'acquisition, dans la région, de biens nationaux. Maire du Pin de 1804 à 1834, il légua le domaine à son fils Cyrille Jules Patu de Saint-Vincent, époux de Pauline de Hémant. Ce dernier fut à l'origine de la construction, toujours sur l'aile droite, de la tour à créneaux destinée à «habiller» un ancien escalier et un dispositif d'alimentation en eau.

A son décès, en 1867, la Pellonnière et son important domaine foncier, devinrent la propriété d'Isabelle de Hémant, sa nièce. Celle-ci avait épousé, en l'église du Pin, en 1866, Georges Clair, vicomte de la Rivière Pré d'Auge, maire du Pin de 1870 à 1894. A la mort de Mme la comtesse de la Rivière, en 1928, Anne-Marie de la Rivière, la dernière de leurs quatre enfants, hérita du château. Répondant à un vœu antérieur formulé par sa mère, celle-ci en fit don, en 1957, aux religieuses de l'Agneau de Dieu de Brest, aux fins d'y établir «un centre eucharistique de prière et de réparation» qui se transforma, dans les faits, en une maison de retraite et de convalescence. Celle-ci est aujourd'hui transférée dans le bourg du Pin.

Le château est désormais la propriété d'Alain Lautré et Gilles Alvarez. Ils contribuent, avec le soutien de l'association «Agapè, les Amis de la Pellonnière», présidée par Philippe Egasse, à l'animer et à faire connaître l'histoire de ce haut lieu du patrimoine du Perche (visite des extérieurs sur demande).

L'église Saint-Barthélémy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'église Saint-Barthélémy du Pin : portail roman et verrière ouest.

L'église du Pin-la-Garenne, dédiée à Saint-Barthélémy (fête: le 24 août), est un édifice pour le moins composite. La construction de deux bas-côtés et d'un clocher, au milieu du 19e siècle, lui a conféré son aspect contemporain qui ne manque pas de surprendre, à commencer par ces multiples clochetons de pierre alignés comme en cortège de part et d'autre d'une toiture couvrant d'un seul tenant le choeur et la nef.

Cet ensemble architectural a en fait connu des mutations successives. Celles-ci ont totalement occulté le sanctuaire du 11e siècle érigé à l'emplacement d'une ancienne chapelle castrale elle-même bâtie sur la basse-cour attenante à la motte du Pin. Selon des éléments fournis dans un mémoire judiciaire du début du 18e siècle, ce premier lieu de culte attesté aurait été édifié à flanc de coteau autour de l'an 900 par un seigneur du Pin nommé Geoffroy de Couthril en vertu d'une permission du pape Romain Ier.

De l'édifice roman du 11e siècle alors dédié à Saint-Ouen et donné pour moitié au prieuré de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême par Gautier, seigneur du Pin, il ne subsiste que le portail d'entrée protégé pendant des siècles par un narthex démoli en 1838. Exposé dès lors aux intempéries, le portail fut victime, en 1885, lors d'une tentative de restauration, de rajouts qui portèrent atteinte à la pureté originelle des voussures. Du côté du choeur, des traces d'une abside romane étaient, paraît-il, encore discernables au cours du 19e siècle.

 

 

 

 

 

L'église Saint-Barthélémy au début du 20e siècle

Au début du 17e siècle, la nef fut reconstruite et surmontée, probablement à cette même période, par un clocher en pointe qui dominait le faîte du toit au-dessus de l'entrée principale. Le haut pignon souligné de rampants, orné d'une verrière flamboyante, est un vestige à peu près intact de cette période. Il comporte, de part et d'autre de la voûte du portail, deux pierres sculptées représentant des animaux: à droite, il s'agit du lion, attribut de la famille du Grenier qui a fourni une très longue lignée de seigneurs du Pin et de La Pellonnière (du début du 15e siècle à 1704). A gauche, l'animal semble représenter un loup. Peut-être s'agit-il de l'emblème particulier de Loup du Grenier, seigneur du Pin et de la Pellonnière devenu seigneur de Saint-André de Dolus et de Saint-Pierre, en 1612, à la suite de son mariage avec Anne Martel, fille d'Anne de Pons, dame d'Oléron. Le titre de marquis d'Oléron (titre de courtoisie) resta dès lors attaché à cette famille jusqu'à René du Grenier, petit-fils du précédent, décédé sans postérité.

En ce même 17e siècle, paraît également avoir été érigée, du côté nord, la chapelle des frères de la Charité qui disposait d'une entrée particulière donnant sur le cimetière (espace formé par l'actuelle place Robert-Drouin). Cette porte est encore visible lorsqu'on observe le mur extérieur du côté de la place.

En 1704, la veuve de René du Grenier, Anne de Maillé, marquise d'Oléron, dame du Pin, fit don par testament de la somme de 700 livres afin de construire une contre-table dans le choeur de l'église. Il s'agit du maître-autel actuel et de son retable. Une somme de 300 livres fut aussi affectée par la donatrice à la réalisation de deux petits autels latéraux. Dédiés à l'origine à la Vierge et à Sainte Barbe, ils furent dressés en biais, à la limite du choeur et de la nef selon une disposition encore visible dans plusieurs églises du Perche (Saint-Germain-de-la-Coudre, Saint-Mard-de-Réno, Marcilly, etc...). Lors des agrandissements du 19e siècle, ces deux autels furent transférés à l'extrémité des bas-côtés où ils forment aujourd'hui les autels du Sacré-Coeur et de Saint-Joseph.

En 1744, des émanations provenant du sol imposèrent l'interdiction momentanée du culte qui fut transféré à Eperrais, la paroisse voisine. Les inhumations à l'intérieur de l'église devinrent dès lors plus rares jusqu'à leur interdiction pure et simple. Par la suite, on fit paver la nef et le choeur sous lequel, selon la tradition, reposent les premiers seigneurs du Pin. Au début du 19e siècle Jean-Baptiste Patu de Saint-Vincent, époux de Nicole Le Conte de Gersant, dame du Pin et de La Pellonnière, fit également construire la chapelle dite «du château» dédiée à Saint-Louis (à gauche du choeur).

En 1768, la construction du grand chemin de Mortagne à Bellême amena à créer, du côté sud, un talus à forte déclivité (plus de trois mètres entre l'église et la nouvelle chaussée), ce qui semble avoir provoqué un affaiblissement de l'édifice.

 

 

 

 

 

 

L'église Saint-Barthélémy du Pin : vue intérieure au début du siècle.

Les travaux d'agrandissement du 19e siècle

Au lendemain de la Révolution et de l'Empire, l'accroissement démographique fut tel (1.090 habitants au Pin en 1808, 1.335 en 1845!) que le conseil de fabrique dut envisager des agrandissements afin d'accueillir des fidèles de plus en plus nombreux. Ces travaux furent entrepris à partir de 1826 à l'instigation de Jules Patu de Saint-Vincent, fils du précédent. La chapelle Saint-Louis ainsi que celle de la Charité furent alors intégrées dans un bas-côté nord. Afin de consolider la nef, on ajouta un bas-côté sud avec sous-sol et double perron sous lequel une élégante porte de style Louis XIII devait permettre d'accéder à une crypte. L'aménagement de cette dernière qui prévoyait un escalier d'accès direct avec le choeur de l'église, demeura inachevé.

La démolition de l'ancien clocher et la construction de la nouvelle tour, flanquée latéralement toujours dans le but de renforcer la structure, furent entreprises simultanément à partir de 1838 non sans susciter de vives contestations de la part du conseil municipal. Jules Patu de Saint-Vincent, comme président de la fabrique, imposa finalement ses vues (il est vrai qu'il finançait l'opération!). Ses conceptions artistiques (certains seraient tentés de parler de «prétentions»...) mêlant curieusement romantisme et renaissance italienne, lui faisaient admirer le Dôme de Milan. C'est d'un voyage en Lombardie qu'il ramena, dit-on, l'idée d'agrémenter les toitures des bas-côtés de ces pinacles qui tentent d'élever vers le ciel une église aux apparences désormais bien éloignées de sa forme originelle.

Il fit aussi édifier une vaste sacristie. Spécialiste de chant grégorien (on lui doit un livre d'initiation), il installa dans la tribune un petit orgue aujourd'hui disparu. Hors d'usage et trop détérioré pour qu'une restauration puisse être envisagée par la commune, l'instrument a été en effet vendu en 1979 à un groupe de jeunes passionnés qui est parvenu à le reconstruire et, récemment, à le remettre en service dans la tribune de l'église de La Ferté-Vidame (Eure-et-Loir).

En 1880, alors qu'était envisagée la translation du cimetière vers son site actuel, les abords, du côté de la route, furent renforcés par un mur de soutènement et par deux perrons séparés par un terre-plein assurant une mise en valeur assez réussie de l'entrée principale.

 

 

 

 

 

 

 

Eglise Saint-Barthélémy du Pin : Vierge à l'Enfant (17e siècle)

En 1940, la sacristie, victime d'un pillage, fut incendiée. Lors de sa démolition, on découvrit dans le chevet plat, une fenêtre romane, murée probablement lors de la mise en place du retable légué par la marquise d'Oléron. Une nouvelle sacristie de proportion plus modeste fut reconstruite au lendemain de la Libération (en 1948) grâce entre autres à des dons remis par des descendants de Robert Drouin, l'émigrant canadien du 17e siècle.

Chaque époque a ainsi apporté sa contribution à l'édification de ce sanctuaire. Même si les aménagements les plus importants, réalisés pour l'essentiel à l'initiative de Jules Patu de Saint-Vincent, ont été parfois contestés, ils ont le mérite de conférer une réelle originalité à un lieu de prière où se sont succédé des générations d'hommes et de femmes. A ce titre, l'église du Pin-la-Garenne mérite le coup d'oeil et, intérieurement, une découverte, source d'évocation d'une histoire communale méconnue.

 

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Robert Drouin, pionnier de la Nouvelle France

 

Eglise Saint-Barthélémy du Pin-la-Garenne: plaque commémorative apposée en 1949 par Gabriel Drouin à la mémoire de son ancêtre. Depuis, les recherches entreprises par Mme Pierre Montagne ont permis d'établir que Robert était bien parti en 1634 et non en 1635. Il fut donc au nombre des premiers pionniers partis avec Robert Giffard.

Robert Drouin a été baptisé en l'église Saint-Barthélémy-du-Pin le 6 août 1607. Il était le 7e enfant du second mariage de Robert Drouin, tuilier, demeurant au lieu alors appelé "Jugué" (aujourd'hui "La Tuilerie" près du hameau des Alliotères) situé sur le chemin reliant Le Pin à Mortagne (remplacé à la fin du 18e siècle par la route actuelle). Sa mère se nommait Marie Dubois. Le couple Robert Drouin père et Marie Dubois a eu, en tout, dix enfants.

Source : archives départementales de l'Orne

L'acte de naissance de Robert Drouin sur les registres paroissiaux du Pin-la-Garenne :

Aoust 1607

Le 6e jour du dit mois et an

fut baptisé robert fils de

robert droyn et de Marie

du boys, les parrains

Robert Roy et

Thomas Leguy

la marainne

Jehanne fille de

Denys moyne

par moy subzsigné

Thibault

Robert Drouin fils s'est embarqué en 1634 pour la Nouvelle-France. Barthélémy Lemoine, son cousin, également originaire du Pin (baptème le 7 juin 1597), déjà marié à Marie Roux, faisait aussi partie du voyage. L'un et l'autre appartennaient la première vague d'émigrants emmenés par Robert Giffard. Robert Drouin entra d'abord au service des Jésuites comme briquetier, puis obtint par la suite, au terme de son contrat d'engagement de trois ans, une concession sur la Côte de Beaupré, sur la rive ouest de la rivière aux Chiens.

Le 27 juillet 1636, en la maison de Robert Giffard à Beauport, il épousa Anne Cloutier, fille de Zacarie Cloutier et de Saincte Dupont, originaires de Mortagne, également émigrants en Nouvelle-France. De ce mariage naquirent trois filles. Témoin au mariage, le cousin Barthélémy Lemoine préférera rentrer par la suite au pays (décès le 16 novembre 1669).

Suite au décès d'Anne Cloutier le 4 février 1648, Robert Drouin se remaria le 29 novembre 1649 avec Marie Chapelier qui lui donna huit enfants. De cette descendance sont issus tous les Drouin, Derouin ou Drouyn d'Amérique du Nord. Robert Drouin est décédé le 1er juin 1685 à Château-Richer à l'âge de 77 ans.

Aujourd'hui, de nombreux descendants de l'ancêtre Robert ne manquent pas de faire le détour par le Pin, là où se trouvent leur racines.

 

 

 

Le Pin-la-Garenne : vieille maison aujourd'hui restaurée du lieudit "La Tuilerie" où vécut la famille de Robert Drouin. Ses propriétaires, Jean et Joëlle du Plessis sont heureux de recevoir les descendants de l'ancêtre et de leur faire signer le livre d'or.

 

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